Presse
Juin 2010
Urbanisme / Défense du prêt à taux zéro
24-06-2010 par Presse
Les aménageurs et lotisseurs du Snal en congrès à Reims.
Syndicat des aménageurs lotisseurs, le Snal vient de tenir à Reims son 18e congrès, sous la présidence de Pascale Poirot.
De quel poids pèse ce syndicat ?
C'est le seul syndicat professionnel de ce type en France, qui ne regroupe que
des aménageurs privés. Il représente 300 sociétés adhérentes, de l'entreprise
mono-personnelle à des filiales de grands groupes.
Quelle est la raison d'être du Snal ?
Nous assurons une mission de formation de nos adhérents, en particulier sur le
développement durable qui est passé au cœur de nos métiers. Nous avons aussi un
rôle de conseil auprès des pouvoirs publics, avec une inflation législative
faramineuse. Nous avons de plus en plus de mal à suivre ces textes, et à les
analyser. La déréglementation du code de l'urbanisme nous préoccupe également.
Que recouvrent vos métiers ?
Nous sommes des maîtres d'ouvrage, nous ne nous occupons que du terrain. Nous
ne construisons pas d'hyperstructures, nous organisons l'espace public et privé
en surface, en lien avec les collectivités locales qui sont nos premiers
clients. À commencer par les communes. Mais il nous faut un intérêt économique
à intervenir, avec des terrains cessibles. Soit pour de l'habitat, soit pour de
l'activité ou du commerce. Si nous sommes maîtres d'ouvrage, nous achetons le
terrain que l'on transforme, et que l'on revend. Ou bien on agit avec une
délégation de maîtrise d'ouvrage déléguée pour la collectivité.
Le développement durable, contrainte ou opportunité ?
Toute contrainte devient une opportunité. C'est une évolution de nos métiers. Il
faut apprendre à travailler autrement. C'est aussi un moyen de faire
reconnaître le professionnalisme des aménageurs. Nous avions été très
critiqués, en nous renvoyant à des caricatures d'opérations de lotissements.
Comment vivez-vous cette crise économique qui s'éternise ?
La problématique actuelle est plutôt sur les aides aux acquéreurs, dans un
marché qui est actuellement sous perfusion. Nous nous inquiétons de la
disparition du Pass foncier à la fin de l'année. La TVA à 5,5 % et le différé
de remboursement du prêt ont été très solvabilisateurs pour nos clients
particuliers. La profession craint aussi la disparition du prêt à taux zéro, ou
de sa majoration. Il va y avoir une refonte totale de ces aides à l'accession,
qui va être intégrée dans la loi de finances pour 2011. Le gouvernement veut
faire des économies. Il est vrai qu'il y a beaucoup d'argent investi : à peu
près 7 milliards dans l'accession. Nous avons fait des propositions, portant
sur le maintien du prêt à taux zéro orienté en fonction de certains objectifs
de développement durable. Nous demandons à ce que les aides soient bonifiées,
quand elles portent sur des logements construits dans des zones programmées par
la collectivité. Soit dans un plan local de l'habitat, soit pour des logements créés
dans des zones d'aménagement d'ensemble.
Il s'agit aussi d'éviter l'étalement urbain…
Les constructions diffuses sont effectivement la réelle cause de l'étalement
urbain. Moins on programme d'opérations d'ensemble, et plus on a tendance à
repousser les gens qui veulent faire construire, de plus en plus loin des
centres urbains. Depuis la loi SRU qui a été le tout renouvellement urbain, et
maintenant le Grenelle de l'environnement, il y a eu des excès pervers.
Plus on ferme l'organisation urbaine autour d'une agglomération, en première
couronne, et plus on repousse les classes moyennes très loin de ces centres
urbains. Cela crée des difficultés d'aménagement du territoire, de transports,
etc. Et de coûts.
Recueillis par Dominique Herbemont
Source: Article du journal l'Union, mardi 22 juin 2010 à 09h40



